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Vidéo de son élément réalisé pour la première fois à Nantes en 1981. (992ko) . mauvaise qualité. Mais, j'ai tout de même mis le mouvement complet (pour le plaisir).
   
 Nom : Jacques Def
  Né le : 11 - 11 - 1962
  Ville : Nantes
  Pays : France

  Créateur d'un mouvement à la barre- fixe
    
L'élément a été homologué à l'occasion du championnat du Monde 1981, à Moscou.

- Es-tu à l'origine de l'idée ? Quelqu'un t'a-t-il inspiré ?
Oui, j'avais toujours rêvé de réaliser un élément nouveau, comme les japonais (Tsukahara ...), mais je ne pensais en être capable. Plusieurs gymnastes m'ont inspiré : les japonais, les soviétiques et Deltchev.

- Qu'est-ce qui a déclenché le travail de cet élément ?
J'avais prévu de faire Jäger vrille en 1980, pour le championnat d'Europe Juniors. Mais, blessé au genou, je n'ai pas insisté. Puis, Winckler l'a réalisé en mai 1981 ... je n'avais donc plus le choix, cela devait nécessairement être dans l'autre sens.

- Combien de temps as-tu mis pour maîtriser cet élément ?
Très exactement trois semaines pour la première réussite à l'entraînement, et trois mois pour la première en compétition (lors du championnat de France à Nantes, le 04-10-81).

- Quelqu'un t'a-t-il aidé dans le travail de cet élément ? As-tu douté ?
Personne ne m'a vraiment aidé, si ce ne sont mes camarades d'entraînement... Douté ? Oui et non, je voulais voir si c'était possible (réalisable). Je ne sais pas si on se pose vraiment la question. On réfléchit, puis on fait.

- Qu'as-tu tiré de cette création ?
Cela m'a procuré une immense satisfaction (la réalisation d'un rêve, réalisation d'un élément techniquement difficile et impressionnant, comme les japonais). Mais, le plus fondamental, c'est avant tout une victoire sur soi-même, mieux se connaître, savoir jusqu'où on peut aller, "réaliser quelque chose qu'on n'aurait même pas osé rêver dans ses rêves les plus fous". C'est un investissement colossal. Il faut avoir une détermination sans faille. Cela m'a obligé à aller chercher une énergie insoupçonnée jusqu'alors. J'ai eu le sentiment de toucher à mes limites, paradoxalement comme si il n'y en avait plus... plus une immense émotion. Je n'ai jamais eu aussi peur de ma vie (lors de la compétition de Nantes)(c'est une sorte d'angoisse) car c'était la première fois que je réalisais sur le dur. L'énergie dont je parle plus haut, m'a servi à surmonter cette peur.
 
- Quel a été ton parcours de gymnaste ?
De 6 à 18 ans je me suis entraîné à Nantes, au club du Loquidy. De 18 à 25 ans j'ai intégré le centre national de Montceau-les-mines. J'ai fait de nombreuses compétitions, pour diverses fédérations : UGSEL, FSCF, FFG, UNSS, FNSU ... une seule gymnastique et 36 fédérations ...? Mais je n'ai jamais eu l'occasion de disputer de championnats d'Europe (toujours blessé). Rétrospectivement, le début de ma "galère" aura été l'accident de la route que j'ai en mars 1980 (renversé par une voiture alors que je roulais en mobylette) ; rupture des ligaments croisés (LCA) mais opération seulement trois ans après ! La suite ne sera qu'une succession de blessures dues à des concours de circonstances et des incompétences médicales.

- Quel est ton souvenir les plus fort ?
Sans aucun doute, la finale du championnat de France à la barre-fixe (Nantes, 1981). Plus le championnat d'Europe Juniors à Lyon en 1980 ... plus les Jeux-Olympiques de Los Angeles en 1984, mais pas pour la compétition ... je crois que c'est la compétition la plus nulle à laquelle nous avons participé, non pas sur le plan de l'organisation, mais sur le plan de la notation, l'arnaque ... Heureusement que Philippe Vatuone a fait une médaille de bronze au sol... çà rachète un peu (nous ne sommes pas venus totalement pour rien).

- Comment analyses-tu ta carrière de gymnaste ?
J'assimile mon parcours gymnique à celui d'un scientifique. La gymnastique est en quelque sorte un apprentissage logique, un peu comme un jeu de construction, mais qui demande aussi beaucoup de réflexion, d'intuition et d'investissement. De 6 à 25 ans, je n'ai quasiment vécu que pour la gym. J'ai le sentiment que les diverses activités physiques auxquelles j'ai participé (notamment sur la plage : mon père avait un club de plage à St Gilles-croix-de-vie... jeux de toutes sortes ...) m'ont permis d'obtenir une coordination nécessaire et indispensable en gymnastique. Quelque part, un gamin qui réalise pour la première fois un exercice, est un peu comme un champion qui réalise une première mondiale.
Tout cela restera un passage inoubliable, parsemé d'expériences individuelles et collectives très riches et intenses, un genre "d'école de la vie" comme on dit. La vie en "communauté" (entre gyms) restera probablement le fait marquant. Nous avons eu la chance de vivre notre passion ensemble, ainsi que de la faire partager aux autres lors de stages, de compétitions ... partout en France et à travers le Monde. Comme me disait Patrick Mattioni un jour : le plus dur sera de trouver quelque chose d'aussi intense après l'arrêt de la gym. Pour moi, la gym est une pensée. Les qualités intellectuelles sont bien plus importantes que les qualités physiques. La gym est un Art qui se rapproche des Arts Martiaux au niveau de sa philosophie : réflexion, concentration, respect.

- Qu'as-tu fait après ta carrière de gymnaste ? Qu'envisages-tu ?
Parallèlement à la gymnastique, j'ai pu suivre des études à l'UFRSTAPS de Dijon (grâce au statut d'étudiant salarié) puis j'ai passé le concours de professeur de sport en 1987. J'ai été nommé en tant que fonctionnaire d'Etat mis à dispostion de la FFG à la section sport études d'Orléans de 88 à 93. De 93 à 97 : CTR sur la région centre. Changement d'orientation en 97 : conseiller d'animation sur le Gers, à Auch (donc séparation avec la FFG).
Objectifs professionnels : évolution de carrière au sein du Ministère Jeunesse et Sports ... j'aurais aussi aimé monter mon propre business (alors peut-être un jour). Gymniquement : garder le contact avec la gym et peut-être en tant que dirigeant ?